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Galichet, Mondouaud, Grammaire française expliquée CM2 (1977) : grandes images

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Le tableau Pinterest des manuels de français CM vous permettra de voir toutes les couvertures d'un seul coup d’œil.

NB : Certains manuels de lecture proposent aussi des leçons et exercices de français et de rédaction.
  1. Adam, Kaizer, La Semaine de Français CM2 (1988)
  2. Ageorges, Anscombre, Grammaire et conjugaison au cours moyen (1963)
  3. Ageorges, Anscombre, Le Français par l'usage CM (1963)
  4. Anscombre, Le Vocabulaire et l'Élocution par la méthode active (CM, Cours de fin d'études primaires)
  5. Anscombre, Synonymes et Homonymes français
  6. Anscombre, La Conjugaison facile CM (1956) 
  7. Anscombre, Table de conjugaison
  8. Anscombre, La formation des mots français (Suffixes, Préfixes, Contraires)
  9. Anscombre, L'Orthographe naturelle
  10. Anscombre, L'Orthographe naturelle, CM, 6e, 5e (1952) : scan 2
  11. Anscombre, La grammaire en 18 leçons, CM, 6e, 5e (1952)
  12. Anscombre, 100 familles de mots français, CM, 6e, 5e (1954)
  13. Augé, Troisième livre de grammaire 
  14. Auger, Dedieu, Du Vocabulaire au Paragraphe CM
  15. Auger-Dedieu, Du Vocabulaire à la Composition française, Fin d'études primaires CEP (1955)
  16. Auriac, Canac, Jughon, Grammaire française Classe de fin d'études, Certificat d'études primaires (1942)  
  17. Ballereau, Bouquet, Le Vocabulaire vivant CM (1959)
  18. Ballot, Fougerouse, Le Vocabulaire par la vie des mots (11-14 ans)
  19. Barbé, Monteil, Reconstitution de textes CE-CM (1989) 
  20. Barbé, Monteil, Reconstitution de textes CM 
  21. Berthou, Gremaux, Voegelé, Elocution, Vocabulaire, Rédaction CE2-CM1 
  22. Berthou, Gremaux, Voegelé, Grammaire CM1
  23. Berthou, Gremaux, Voegelé, Grammaire, Cours moyen (1951)
  24. Berthou, Gremaux, Voegelé, La Grammaire au Cours Moyen 2e année (1968)
  25. Bertrand, Les accords parfaits (adjectifs, verbes, participes)
  26. Bescherelle, Découverte et pratique de la grammaire CM2 (1986)
  27. Bled, Cours d'orthographe CE-CM1 (1956)
  28. Bled, Cours d'orthographe CE2-CM (1979)
  29. Bled, Cours supérieur d'orthographe (et corrigés)
  30. Bocquet, Perrotin, La Composition française, CM, CEP, Méthode de français par la culture des sensations et l'étude des textes (1924)
  31. Brown, Comment le petit Français apprend à écrire - Une étude sur l’enseignement de la langue maternelle (1915, rééd. 2015)
  32. Brunot et Bony, Méthode de langue française 2e Livre
  33. Brunot et Bony, Méthode de langue française 3e Livre
  34. Calvet et Compret, Grammaire française CM (1931)
  35. Canac, Jughon, Ma troisième grammaire CM2, CS (1954)
  36. Caron, Colin, Le cahier de rédaction de mes 9 ans (1997)
  37. Carré, Le Vocabulaire français, Cours moyen et supérieur (26e éd., 1911)
  38. Carré et Moy, La Première Année de Rédaction et d'Elocution CM
  39. Castanet, Naudon, Notre grammaire CM1 (1959)
  40. Charlot, Géron, L'expression française, CM, CEP, 6e-5e, CET, livre du maître (1961)
  41. Charpy, Exercices sur les Éléments de grammaire française de H. Brelet (1902)
  42. Chatel, Le nouveau livre unique de français, Fin d'Études Primaires (1957)
  43. Coulangeon, L'Orthographe par l'observation des textes
  44. Cressot, Royer et André, Le français CM (table des matières)
  45. Cressot, Royer, André, Le français Cours Moyen (1952)
  46. Dascotte, Obadia, Dialogue grammatical CM1-CM2 - Avec les mots de tous les jours (1971)
  47. Dascotte, Obadia, Travaux dirigés de grammaire CM2 - Avec les mots de tous les jours (1970)
  48. Davesne, Mamadou et Bineta sont devenus grands, livre de français Cours Moyen et Cours Supérieur
  49. David, Chabé, Exercices & Dictées CE (vocabulaire, devoirs, grammaire, conjugaison) (vers 1910)
  50. David, Haisse, Bouret, La grammaire française CM2 (1957)
  51. Delandre, Locqueneux, le Livre de Français du cours moyen (1957) 
  52. Denève, Orthographe méthodique CM1 (1963)
  53. Denève, Renaud, La grammaire et l'orthographe CM2-CS (1948)
  54. Drouin, Jean, Histoires inachevées, Cours Moyen série 1
  55. Dumas, Collin, Livre unique de français CE-CM
  56. Dumas, Collin, Le Nouveau Livre Unique de Français CM1 (1963)
  57. Dumas, Collin, Livre unique de français CM
  58. Dumas, Collin, Livre unique de français, CM-CS
  59. Dumas, Collin, Le nouveau Livre unique de français CM-CS, Livre du maître (1962)
  60. Feraoun, Groisard, Combelles, L'Ami fidèle (livre unique de français, CM2, Algérie, 1963)
  61. Ferry, Pierre, Ma grammaire CM1-CM2 (1960)
  62. Gabet, Gillard, Vocabulaire et méthode d'orthographe, Composition française CE et CM 
  63. Gabet, Gillard, Vocabulaire et méthode d'orthographe CM
  64. Galandy, Balaignac, Vocabulaire analogique CM1 9-11 ans
  65. Galichet, Mondouaud, Grammaire française expliquée et enseignement de l'orthographe par les méthodes actives CM2 (1977)
  66. Galizot, Dumas, Capet, Grammaire fonctionnelle de la langue française, CM2 (1972)
  67. Galizot, Dumas, Capet, Grammaire fonctionnelle de la langue française, CM2, fichier du maître (1972)
  68. Garagnon, Rédaction, Vocabulaire, Élocution CM (1964)
  69. Genouvrier, Gruwez, Grammaire nouvelle pour le CM2 (1973)
  70. Genouvrier, Gruwez, La grammaire au CM2 (1983)
  71. Gérard, Langage CM2 (avec les mots de tous les jours) 1970.
  72. Grammont, Hamon Grammaire française CM
  73. Grammont, Hamon, Analyse grammaticale et logique CM, 6e, 5e (1951)
  74. Grandpierre, Je saurai bien rédiger, niveau 2 (1981)
  75. Guion, Apprendre l'orthographe CM1 (1981)
  76. Heine, Dejoux, A la croisée des mots, Français CM1 (1993)
  77. IPN Algérie, Lecture et langue française, 1ère année d'enseignement secondaire (1967)
  78. Laleuf, recueil de dictées (classe de fin d'études)
  79. Laleuf, Borcelle-Garnier, L'Orthographe, le Vocabulaire et la Rédaction dans la Classe de Fin d'Études (1957)
  80. Lalire, La Rédaction et le français (10-14 ans), livre de l'élève, 1945
  81. Lalire, La Rédaction et le français CM CS livre du maître (1951)
  82. Leçons de langue française CM (livre du maître)
  83. Legrand dir., Grammaire pour l'expression CM1 (1972)
  84. Le Lay, Leroy, Vocabulaire CM1
  85. Le Lay, Leroy, Vocabulaire CM2
  86. Ligel, Manuel d'analyse grammaticale, CE-CM (1930 ?)
  87. Lombardy, Dictées pour l'école primaire CM
  88. Maquet, Flot, Roy, Cours de langue française CE-CM (1914)
  89. Maquet, Flot, Cours de langue française CM1 (1911), vol. 3
  90. Maquet, Flot et Roy, Cours de langue française CM-CS (Programme de 1923)
  91. Maquet, Flot, Roy, Cours de langue française Cours Supérieur et Cours Complémentaire (Brevet élémentaire)
  92. Maitron, 60 dictées CM, 6e, 5e 
  93. Maujean, Vocabulaire CE2-CM1-CM2 (1991)
  94. Masson, Vocabulaire, Cahier d'exercices pour le cours moyen 1966
  95. Medelgi, Chez nous et dans le monde (livre unique de français 5ème année, Tunisie, 1973)
  96. Mdi, J'apprends à rédiger CM, 6e, 5e
  97. Mongin, Le Français en 7e-CM2, Du Vocabulaire à la Rédaction (1968)
  98. Nanteuil, Leçons et exercices d'analyse (1917)
  99. Ne pas confondre les homophones CM
  100. Palmero, Félix, Rédigeons classe de fin d'études
  101. Palmero, Félix, Rédigeons CM1-CM2
  102. Passebois, L'Orthographe au Cours Moyen et dans les Classes de Fin d'Études (1950 ?)
  103. Picard, Cabau, Jughon, Mon nouveau vocabulaire CM1 (du vocabulaire à la composition française), 1965
  104. Picard, Cabau, Jughon, Mon nouveau vocabulaire CM (1963)
  105. Picard, Mon troisième vocabulaire, Du vocabulaire à la rédaction, CM2, CS (1959)
  106. Picard, Foex, Leroy, Grammaire, Cours Moyen (1962)
  107. Pieuchard, 100 Nouvelles dictées au CEP
  108. Rédaction CM (32 préparations)
  109. Rigaud, Vasconi, De la lecture à l'expression française CM1-CM2, Livre II, Lecture, Grammaire, Orthographe, Conjugaison, Vocabulaire méthodique (1967)
  110. Rosenstiehl, Le Livre de la langue française (1985)
  111. Roux, Entraînement au vocabulaire CM1 (1980)
  112. Sanz, Lire et écrire des contes (guide pédagogique) - 1992
  113. Ségelle, Corbeille de mots CE et CM (vocabulaire et langage)
  114. Séménadisse, Clamens, Gauthereau, Maîtrise de l'expression écrite CE2-CM1-CM2 (1993)
  115. Souché, La lecture nouvelle et le français, CM2-CS (1947)
  116. Tarnaud, Notions fondamentales d'analyse CM1, CM2, 6e, 5e (1964)
  117. Thabault, Yvon, Méthode et Exercices de langue française Cours Supérieur 2e année, Fin d'Etudes Primaires (Programmes de 1938)
  118. Toraille & alii, A la conquête de notre langue (recueil de dictées) CM2
  119. Verret, Furcy, Écrire et parler CM1 (fichier du maître)
  120. Verret, Furcy, Écrire et parler CM1, 1964 (livre de l'élève)
  121. Verret, Furcy, Écrire et parler CM2, Vocabulaire et Expression écrite, livre du maître (1963)
  122. Villars, Marchand, Vionnet, Des idées et des mots CM et CS (élocution, vocabulaire, orthographe, expression écrite), 1962

    Pédagogie du français

    Voir Pédagogie.




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    Michel Delord : A propos des « Mathématiques de Singapour » (octobre 2017)



    La conclusion :

    En gros les Singapore Maths ont eu comme matrice la première critique – insuffisante –  des maths modernes datant des années 75/85.  A mon sens la vraie rupture ne se place pas dans ces années mais au moment de la rupture des maths modernes (c'est-à-dire les années 60 et début 70). Si cela est vrai cela signifie  que, quelque part, les thèses des Singapore Maths comportent des faiblesses et demandent des modifications : c’est exactement ce que je pensais au moment où j’ai rencontré Madge Goldman en 2004 et je le pense toujours aujourd’hui modifications sont indispensables
    – et non par besoin de dénigrer la LDE – que je me suis intéressé supra au degré de liberté dont peuvent jouir ceux des partisans des Singapore maths qui les considèrent comme la moins mauvaise solution mais qui peut encore grandement s’améliorer sur des points fondamentaux. des maths modernes. Je n’ai pas, bien sûr, le temps de développer l’idée ici, mais je voudrais donner deux exemples portant sur des sujets fondamentaux qui montrent la continuité en primaire de 1880 à 1970 (réforme des maths modernes), la rupture en 70 et la continuité de 1970 à maintenant.  


    - le premier exemple est celui de l’enseignement simultané du comptage et du calcul (qui implique comme point particulier les quatre opérations en CP et même en maternelle parce que, dès que l’on atteint 2 on peut faire des divisons) : on enseigne les 4 opérations en CP en continu de 1882 à 1970 et on ne le fait plus du tout de 1970 à 2017  

    - le deuxième exemple est celui du rapport entre les mathématiques et la physique : de 1880 à 1970 on a, sous le nom d’arithmétique,  un enseignement combiné des mathématiques et de la physique que ce soit au niveau du calcul (avec le calcul sur les grandeurs et les premières notions de calcul dimensionnel du type : Si tu divises des mètres par des mètres, tu ne trouves pas des mètres) ou de la géométrie puisque le cours commence par la définition de LA verticale et DES horizontales , ce qui fait que l’on est directement dans un espace physique. A partir de 70, on commence la géométrie dans des espaces ponctuels  (là où il y a des points même là où il n’y a rien) et isotropes (c'est -à-dire dans lequel il n’y a aucune direction privilégiée)  ce qui ne facilite vraiment  pas la perception intuitive de l’élève, c’est le moins que l’on puisse en dire. Les grandeurs sont explicitement interdites en 70 et même si le mot grandeur commence à réapparaitre depuis une dizaine d’années, il n’y a pas de cours systématique sur les opérations sur  les grandeurs et lorsqu’ils ne prétendent pas que c’est une erreur grave d’enseigner des choses du type « Si tu divises des mètres par des mètres, tu ne trouves pas des mètres », les manuels et les formateurs n’en parlent pas. Rétablir l’enseignement simultané du comptage et du calcul ne serait-il pas un objectif souhaitable ? Et, pour le primaire, penser le cours d’arithmétique non comme un cours de mathématiques mais comme un ensemble organisé de connaissances liant les mathématiques et la physique ne serait-il pas également un autre objectif tout aussi souhaitable ? Je pense que ce sont deux objectifs souhaitables  mais  que les Singapour Maths ne les réalisent pas (…pour le moment ?).
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    Pascal Dupré défend l’apprentissage des quatre opérations dès le CP et le CE1

    Le 13 septembre dernier, Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Éducation, expliquait dans un entretien accordé à nos confrères de L'Express qu'il souhaitait que les quatre opérations mathématiques de base soient inculquées aux enfants dès le CP et le CE1.

    Actuellement, la multiplication n'est enseignée qu'à partir du CE2, la division à partir du CM1. Parallèlement, le niveau en mathématiques des écoliers français s'est littéralement effondré au cours des dernières décennies, un classement international, le TIMSS (Trends in International Mathematics and Science Study) donnant les petits Français 25e sur 49 pays.

    L'importance de lier maths et français en primaire
    La déclaration du ministre de l'Éducation a tout particulièrement intéressé Pascal Dupré, qui fut longtemps instituteur à l'école du Centre, à Gien, après avoir enseigné à l'école de la Bosserie, aujourd'hui disparue.
    Maintenant retraité, ce Giennois se passionne toujours pour la pédagogie et travaille actuellement à l'écriture d'un manuel scolaire, qui sera édité par le Grip (Groupe de réflexion interdisciplinaire sur les programmes), association dont il est l'une des chevilles ouvrières depuis des années.
    Celle-ci est composée d'enseignants de tous niveaux, qui remettent en cause la manière d'enseigner les matières élémentaires que sont les mathématiques et le français, et qu'en primaire, « il est important de lier », souligne Pascal Dupré.


    Refonder le système éducatif français
    Le système éducatif français est aujourd'hui montré du doigt et la baisse du niveau des élèves dénoncée. Pascal Dupré a lui-même constaté le mal qu'ont pu faire quelques réformes. « Certaines ont été complètement folles », regrette l'ancien enseignant. « Nous défendons l'apprentissage des quatre opérations le plus tôt possible, alors que l'idée des didacticiens des maths, c'est que c'est beaucoup trop complexe pour les enfants et que ça serait du bourrage de crâne. Cela a pourtant été enseigné comme ça pendant des années. L'intérêt, c'est de commencer l'apprentissage de la division le plus tôt possible. Si on commence en CM2, on ne peut évidemment pas le maîtriser au collège », résume l'ancien instituteur.
    Le Grip a commencé à éditer des manuels scolaires dans les années 2000, conscient que ses revendications et le retour à une école du bon sens étaient partagés par d'autres enseignants mais aussi des parents.
    Le premier manuel écrit par Pascal Dupré et publié en 2005-2006 s'appelle Compter calculer. Actuellement, c'est sur un manuel de français destiné aux élèves de CM2 qu'il travaille, en collaboration avec Cécile Revéret, professeur de français. 

    « La priorité, pour le Grip, ce sont les contenus et la manière d'enseigner ces contenus. Dans les programmes, ces dernières années, il y a eu des trous qui rendent les apprentissages plus compliqués. Notre objectif est de faire comprendre l'enjeu global, mais ce n'est pas facile de se faire entendre. »
    Pascale Auditeau




    Baisse du niveau en maths : Cédric Villani appelé à la rescousse (18.10.2017)


    Mis à jour le 18/10/2017 à 19h54 | Publié le 18/10/2017 à 19h36

    Devant les mauvais résultats des élèves français, le ministre de l'Éducation lance une réflexion chapeautée par le mathématicien, qui est aussi député LREM dans l'Essonne.

    Après la lecture, les mathématiques. Le ministre de l'Éducation lance une réflexion chapeautée par le célèbre mathématicien français Cédric Villani, médaillé Fields et désormais député LREM dans l'Essonne. Avec des préalables clairs. À l'instar de la lecture, pour laquelle Jean-Michel Blanquer recommande des méthodes «de type syllabique et non globale», ce sont vers les pédagogies dites «explicites» qu'il penche, également, pour l'enseignement des mathématiques. Adepte de neurosciences, le ministre est largement séduit par la célèbre «méthode de Singapour», qui a placé le petit pays d'Asie au sommet du classement international Pisa 2016, en mathématiques et en sciences. Quand la France arrive en 26e  position. En quoi consiste-t-elle? «Un mélange de tout ce qui marche», des pédagogies traditionnelles à Maria Montessori, résument souvent les enseignants qui, en France, ont fait le choix de l'adopter dans leur classe. Le concept? Partir du concret et de la manipulation pour aller progressivement vers l'abstrait et former au raisonnement mathématique. Les élèves français ne butent-ils pas, précisément, sur la résolution de problèmes et la compréhension des situations mathématiques? Une situation démontrée par les études successives.

    Outre Pisa qui porte sur les élèves de 15  ans, la dernière enquête Timms, qui mesure les performances des élèves de CM1, a classé la France bonne dernière des pays européens, derrière Chypre. Un écolier français sur huit ne maîtrise pas les compétences élémentaires (contre un sur vingt en moyenne en Europe), alors même que le volume horaire dédié à la discipline est plus important dans l'Hexagone qu'ailleurs! Un constat alarmant qui interroge directement la pratique des enseignants.

    Quelles pistes aujourd'hui pour permettre à la France de relever la tête dans cette discipline clé pour le pays? En septembre, le ministre Blanquer a annoncé vouloir avancer l'apprentissage des quatre opérations mathématiques au CP et CE1, comme le prévoit d'ailleurs la méthode de Singapour. Le but est, explique-t-il, d'«acquérir ces automatismes cognitifs très jeunes». Il se réfère une fois de plus aux neurosciences. Lesquelles constatent que «les nombres sont des intuitions primitives que notre architecture cérébrale rend inévitables», écrit Stanislas Dehaene, dans son ouvrage La Bosse des maths(Odile Jacob).

    Dans certaines écoles, il n'est pas rare qu'un élève soit confronté, en fonction du maître de l'année, à différentes méthodes d'apprentissage de la soustraction…

    Mais pour faire évoluer la pédagogie, il faudra se pencher sur les pratiques des enseignants. Et fixer un cap, en prenant soin de ne pas remettre en cause leur sacro-sainte «liberté pédagogique». Dans certaines écoles, il n'est pas rare qu'un élève soit confronté, en fonction du maître de l'année, à différentes méthodes d'apprentissage de la soustraction… Parmi les enseignants les plus anciens, beaucoup ont été formés aux pédagogies dites «implicites», selon lesquelles l'enfant doit «construire son propre savoir». Quant à l'actuelle formation des enseignants, elle est jugée insatisfaisante, car trop courte et déconnectée. Ajoutons à cela que l'écrasante majorité des professeurs des écoles (les deux tiers) ont suivi une formation littéraire et que le Capes de maths peine à attirer des candidats, et l'on comprend l'ampleur du problème. En France, alors que les mathématiques restent la discipline de sélection via la voie S, seuls 43 % de ces bacheliers poursuivent, dans le supérieur, des études scientifiques. Ils étaient 61 % il y a vingt ans. La France, pays des médailles Fields, aurait-elle perdu le goût des maths?

    La rédaction vous conseille :





































































    Jean-Michel Blanquer: "J'envisage de créer une cellule laïcité"


     Propos recueillis par Amandine Hirou et Corinne Lhaïk, publié le 
    Jean-Michel Blanquer revendique une démarche "mesurée" et sans "effets de zigzag".
    Jean-Michel Blanquer revendique une démarche "mesurée" et sans "effets de zigzag".
     
    J. SAGET/AFP

    Jean-Michel Blanquer ne s'était jamais prononcé sur le sujet. Le ministre de l'Éducation propose de former une équipe pour aider les professeurs à faire respecter ce principe. Exclusif.

    Vous voulez revoir les programmes scolaires "à la marge". Pourquoi seulement "à la marge"? 
    Lorsque je suis arrivé à la tête de ce ministère, j'ai tout de suite annoncé que je voulais éviter les effets de zigzag. Il n'est donc pas question de modifier la loi et les textes des programmes brusquement. Mais cela ne veut pas dire que les programmes ne doivent pas évoluer. Nous sommes attentifs aux retours de terrain, à la façon dont la dernière réforme est vécue par les professeurs et les élèves pour pouvoir faire les ajustements qui s'imposent. 
    Souhaitez-vous revenir à une approche plus chronologique, en particulier en histoire? 
    En histoire, comme dans toutes les autres disciplines, nous devons avoir une pédagogie explicite, structurée et progressive. Je veillerai à ce que ces principes soient appliqués. On parle souvent de l'histoire, mais le problème est plus patent en littérature. La façon dont on aborde aujourd'hui notre patrimoine littéraire au collège, par grandes idées un peu conceptuelles et non plus par courants et époques spécifiques, doit être repensée.  
    Les allers-retours incessants dans le temps créent de la confusion, laquelle est aggravée par les lacunes qui peuvent exister en vocabulaire et en grammaire. Dans ce cas précis, oui, nous devons revenir à une approche plus chronologique. Mais, encore une fois, il ne s'agit pas de faire table rase du passé, ni de tout bousculer. La refonte radicale des programmes opérée il y a trois ans avait donné lieu à des résultats mitigés. Notre méthode à nous sera plus pragmatique et mesurée. 

    "Le prédicat a vocation à disparaître"

    En grammaire, allez-vous maintenir la notion de prédicat, source de vives polémiques? 
    Non. L'apprentissage de la grammaire de phrase est essentiel. C'est elle qui permet aux enfants d'entrer dans les textes, de les comprendre, mais aussi d'acquérir une orthographe de qualité et un langage structuré. Ce sont ces grands principes qui doivent nous guider. Cela passe, notamment, par une vision simple et efficace de ce qu'est un complément d'objet direct ou un complément d'objet indirect. Voilà pourquoi le prédicat, notion inutilement complexe, a vocation à disparaître. 

    "L'apprentissage de la grammaire de phrase est essentiel", souligne Jean-Michel Blanquer.
    "L'apprentissage de la grammaire de phrase est essentiel", souligne Jean-Michel Blanquer.
    afp.com/FRED DUFOUR

    Souhaitez-vous également modifier l'approche de l'enseignement de l'économie? 
    Toutes les enquêtes internationales démontrent nos lacunes en la matière. Mais cela doit se faire de manière simple et transparente, en veillant à ne jamais opposer économie et sciences sociales. Ces deux clefs de lecture sont absolument indissociables et indispensables pour comprendre notre société actuelle. Nous devons dépasser le traditionnel combat idéologique de façon à pouvoir aborder cette question de manière apaisée. 
    En mathématiques, veillerez-vous, comme vous le suggérez dans votre livre L'Ecole de la vie, à la maîtrise des quatre opérations dès le CP? 
    L'une de mes grandes convictions est qu'il est primordial de développer une mémoire de travail très tôt. Comme le démontrent les travaux de recherche en sciences cognitives, sur lesquels on doit s'appuyer, la plasticité du cerveau est particulièrement forte dans les premières années de la vie, beaucoup moins ensuite. Certains savoirs, s'ils ne sont pas bien ancrés dès le départ, ne seront pas bien maîtrisés dans le futur. Le plus grand service que l'on peut rendre aux enfants est donc de les aider à acquérir ces automatismes cognitifs très jeunes. Un très bon exemple est donc, effectivement, la maîtrise des quatre opérations au CP et au CE1. 

    "Cultiver une atmosphère d'effort et en même temps de plaisir"

    N'est-ce pas trop difficile pour un enfant de 6 ans? 
    Je m'insurge contre cette fausse bienveillance qui consiste à retarder sans arrêt les apprentissages! Je pourrais céder à la facilité en ne parlant que de ce qui a l'apparence de la modernité. Ce n'est pas mon style. Si l'on veut vraiment être généreux, si l'on veut vraiment le progrès social, si l'on veut vraiment lutter contre les inégalités, alors il faut aider tous les enfants, et a fortiori les plus fragiles, à maîtriser les fondamentaux liés au vocabulaire, à la lecture ou au calcul.  
    Tout cela n'est évidemment pas contraire à une vision épanouissante de l'école primaire. Cela va de pair avec, notamment, une éducation artistique et culturelle renforcée. Je suis convaincu qu'il est tout à fait possible de cultiver une atmosphère d'effort et en même temps de plaisir à l'école. 

    "Le plus grand service que l'on peut rendre aux enfants est de les aider à acquérir des automatismes cognitifs très jeunes", estime Jean-Michel Blanquer.
    "Le plus grand service que l'on peut rendre aux enfants est de les aider à acquérir des automatismes cognitifs très jeunes", estime Jean-Michel Blanquer.
    afp.com/Damien Meyer

    On a beaucoup ironisé sur le langage abscons des programmes. Allez-vous mettre un terme à ces aberrations? 
    La qualité du langage de l'Education nationale est un signal donné aux élèves et au-delà à l'ensemble de la société. Nous devons y être très attentifs. Il faut maintenir une certaine tenue et une certaine simplicité de notre langue, première brique de tout notre système éducatif. C'est aussi vrai dans notre vie administrative et dans les normes que nous édictons. Nous devons en produire moins et éviter tout jargon. Je me suis engagé à diminuer le nombre de circulaires et les directeurs de cette maison le savent. Je leur ai demandé d'écrire de manière simple et précise. Et j'y veille au quotidien en n'acceptant de signer que ce qui correspond à cette exigence. 

    "Il ne faut admettre aucun phénomène de prosélytisme"

    Comment réagissez-vous au livre de Bernard Ravet, principal de collège à Marseille (1), qui raconte comment l'islamisme grignote peu à peu certains collèges? 
    Ce livre ne m'a pas complètement surpris. Je sais bien qu'il y a certaines dérives, sur certains de nos territoires, avec un impact sur certains de nos établissements. Ces dérives, la République et l'école doivent les regarder en face. Nous devons réaffirmer le projet républicain, qui se résume à ces quatre mots: liberté, égalité, fraternité, laïcité. Par ce contrat social, la France dit et fait quelque chose de magnifique, qui résonne dans le monde.  
    Par ailleurs, on ne doit pas nier le besoin de métaphysique de l'homme. Notre laïcité n'exclut pas la question du sens. D'où l'importance de l'enseignement de la philosophie et du fait religieux. Il y a un sens à toutes les vies humaines. La République apprend à ses enfants qu'ils sont libres de le définir. Et pour ce faire, personne ne doit se sentir obligé de croire ou de ne pas croire. Il ne faut admettre aucun phénomène de prosélytisme ni aucune pression.  
    Notre système juridique est bien fait. La loi de 2004 [sur l'interdiction du port de signes religieux à l'école] est simple et claire. Pour le coup, voilà un texte écrit dans un langage net et précis! Notre but doit être de l'appliquer. Quand il y a des provocations -elles peuvent venir du fondamentalisme islamiste, mais aussi d'ailleurs-, quand on constate une pression pour mettre la République sur la défensive, pour ne pas respecter nos règles, c'est l'ensemble de l'institution qui doit réagir. Ce que demande le principal de Marseille, c'est que l'institution soit un soutien. 
    Dans les cas qu'il cite, elle ne l'est pas... 
    En effet, mais désormais, ce sera le cas. Sur ce sujet, comme sur d'autres, je ne veux pas mettre les problèmes sous le tapis. Je ne veux pas faire comme si des choses qui existent n'existaient pas. Quand on fait cela, on crée du dysfonctionnement. Comme le disait Camus: "Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde." Cette phrase, je la fais mienne. Donc il faut établir un diagnostic juste et apporter une aide. 

    "Des juristes et experts disciplinaires en appui aux établissements"

    Concrètement, comment allez-vous procéder? 
    Aucun professeur ne doit se sentir seul. Il doit pouvoir signaler ces situations à son chef d'établissement, il doit exister une unité des adultes au sein de l'établissement pour regarder en face ce type de phénomène et y réagir de façon appropriée. Mais si une certaine impuissance se manifeste localement, l'ensemble de l'institution se mobilisera. Ce que je souhaite, c'est que sur un tel sujet des problèmes identiques trouvent une réponse identique sur l'ensemble du territoire.  
    C'est aussi une question d'égalité devant la République. C'est pour cela que j'envisage de créer une cellule laïcité au sein du ministère de l'Education nationale pour répondre à tous les cas qui se présentent via les rectorats. Concrètement, il s'agirait d'une petite équipe constituée de juristes, d'experts disciplinaires qui viendraient en appui aux écoles et aux établissements pour aider les communautés éducatives à trouver les meilleures solutions afin que les valeurs de la République soient pleinement respectées et soient au centre de l'école. 

    "Une vision épanouissante de l'école primaire va de pair avec, notamment, une éducation artistique et culturelle renforcée", avance Jean-Michel Blanquer.
    "Une vision épanouissante de l'école primaire va de pair avec, notamment, une éducation artistique et culturelle renforcée", avance Jean-Michel Blanquer.
    afp.com/XAVIER LEOTY

    Vous espérez aussi un effet dissuasif? 
    J'espère que la plupart des problèmes pourront se régler dans l'établissement. Avec l'appui de son responsable. Dans le passé, l'institution n'a peut-être pas envoyé les bons messages et vous pouvez légitimement avoir l'impression que la doctrine dominante, c'est: "Pas de vagues." Ce n'est pas la mienne, je l'ai dit aux chefs d'établissement que j'ai rencontrés. Il y aura donc un effet psychologique pour l'ensemble des acteurs du système. Puis un effet technique, au cas par cas. Je n'ai pas de baguette magique pour régler ces sujets. Je n'ignore pas l'ampleur sociétale du phénomène. Mais, au moins, mettons-nous en situation de le combattre. 

    "Une approche pragmatique qui respecte le professeurs"

    Comment allez-vous supprimer les portables au collège, une promesse d'Emmanuel Macron? 
    Il s'agit là encore de faire respecter les règles et le droit. L'usage des téléphones est interdit en classe. Avec les principaux, les professeurs et les parents, nous devons trouver le moyen de protéger nos élèves de la dispersion occasionnée par les écrans et les téléphones. En Conseil des ministres, nous déposons nos portables dans des casiers avant de nous réunir. Il me semble que cela est faisable pour tout groupe humain, y compris une classe. 
    La droite vous couvre d'éloges, n'est-ce pas gênant? 
    Bien sûr que non. Une partie des parlementaires de gauche me disent trouver un intérêt à ce que je fais et ce n'est pas gênant non plus. Et plusieurs personnalités de gauche soutiennent mes mesures parce qu'ils savent qu'elles sont à la recherche de l'intérêt de l'élève.  
    Tous ceux qui font un tableau caricatural des mesures que j'ai prises prennent le risque d'être incompris d'une partie de la population française: selon un récent sondage (institut Yougov, baromètre de septembre réalisé pour le HuffPost et CNews), chacune des mesures de la rentrée recueille entre 65% et 85% d'opinions favorables. Je sais aussi que les professeurs attendaient une approche pragmatique qui les respecte et qui est la mienne. 
    Vous-même, étiez-vous bon élève? 
    Je l'ai été à l'école primaire. J'ai beaucoup aimé l'école primaire, les rédactions, l'histoire et la géographie, le calcul mental. J'étais moins bon au collège et au lycée. Cette expérience m'a permis de réfléchir à ce que pouvait être le dynamisme pédagogique, l'importance de susciter la motivation par le savoir, ce qui est possible chez les adolescents, mais réclame de la passion et du savoir-faire. 
    (1) Principal de collège ou imam de la République? (Kero) 
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    4 opérations au CP : Méthode de Singapour ou programme du GRIP ? (Dupré, Strupiechonski)



    Les résultats des élèves français aux évaluations internationales mathématiques et scientifiques s’effondrent depuis plusieurs années alors que ceux des élèves singapouriens caracolent au sommet.

    Des esprits ingénieux en ont tiré la conclusion qu’une dose de méthode Singapour, inoculée dans les écoles de l’Hexagone, doperait aussitôt les résultats de la France dans les classements mondiaux.

    Une véritable aubaine pour l’éditeur de cette méthode en France qui voit ainsi confirmé son choix de tourner le dos à « l’école française », reconnue par les plus grands mathématiciens depuis le 19e siècle.

    Au-delà du thème des quatre opérations au CP qui émeut l’opinion publique et questionne le ministre, interrogeons-nous sur les ingrédients de l’universelle panacée, chantée autrefois par le comique : un replâtrage de méthode serait-il suffisant alors qu'une véritable refondation des programmes du primaire est inévitable ?


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